10 questions à Pascal Pronnier

  1. Pouvez-vous me résumer votre parcours ?

    0d0b1d9J’ai étudié à l’ESRA, école de cinéma et d’audiovisuel située au port de Nice où j’ai découvert l’histoire des arts. Dès lors, deux parcours m’ont intéressé : devenir musicien de jazz ou metteur en scène. Ces deux rêves n’ont pas pu aboutir et je me suis donc tourné vers la photographie qui répond à ma passion pour les arts visuels tout en me laissant exprimer ma créativité. J’ai eu la chance de rencontrer et de collaborer avec un Niçois, Marc Paris, l’un des cinq photographes de yachts dans le monde pour lesquels je suis très reconnaissant, il m’a beaucoup appris. Nous avions de nombreux projets ensemble mais il a malheureusement eu un accident d’hélicoptère…
    Aujourd’hui, je suis photographe pour quatre corps de métiers : les promoteurs immobiliers, les architectes, les agents immobiliers et les décorateurs.
    J’ai également créé h0lg4.org, le portail des amoureux de l’Arte Povera, collectif français de photographie argentique et procédés alternatifs.

  2. Pourquoi  un certain nombre d’agences et de particuliers font appel à vous ?

    Je suis avant tout un technicien : je maîtrise les lois optiques et celles qui régissent la lumière. Grâce à mon expérience, je fais preuve d’efficacité dans la manière de présenter et d’appréhender un nouveau lieu. J’arrive donc très rapidement à synthétiser et renvoyer les images fortes d’un bien immobilier pour faire rêver et donner envie d’y vivre. Mes photos sont également documentaires et informatives. Enfin, on retrouve dans mon travail une petite touche poétique et personnelle qui fait ma singularité et rend mes clients fidèles.

  3. Quels conseils donneriez-vous à un propriétaire pour mettre son bien immobilier en valeur ?

    Le même conseil que s’il souhaitait séduire une femme : faire attention à la présentation. Il faut que le client puisse se projeter dans un lieu. Pour cela, il faut désencombrer pour rendre tous les espaces de la maison intéressants.

  4. D’après votre expérience, quel est réellement l’objectif d’une prise de vue professionnelle ? Faire vendre ? Faire rêver ?

    Le mien c’est de gagner ma vie, le vôtre c’est de pouvoir vendre (rires). En réalité, je pense que l’intérêt est de montrer à un vendeur potentiel qu’il doit confier son bien à votre agence car elle fait preuve d’une qualité dans la commercialisation et le marketing de son portefeuille de biens. L’objectif est donc de transmettre une information pertinente, rapide et synthétique sur le bien immobilier. Il faut également faire en sorte que le produit se dégage du lot. Enfin, en apposant le logo de l’agence dessus, cela peut inciter les clients à contacter l’agence, de par le professionnalisme qui découle des photos proposées.

  5. Quel traitement utilisez-vous pour vos clichés ?

    Je fais correspondre mes images aux besoins marketing des professionnels de l’immobilier. Pour cela, mes photographies sont assez « léchées » c’est à dire avec un contraste très maîtrisé et des couleurs vives. Au niveau technique, j’utilise un trépied, des filtres polarisants, je choisis très précisément l’optique à utiliser en fonction de la manière dont je souhaite rendre compte d’un espace et puis il y a énormément de travail sur Photoshop…

  6. Comment se passe une séance photo dans l’architecture ?

    Il n’y a pas de formule type. Mes prises de vues durent de 2 heures à 3 jours en fonction des attentes du client. En deux heures, je produis une vingtaine de photos des éléments forts du bien immobilier : vue, façade, salons, espaces de vie. En 3 jours, l’exigence est plus poussée, chaque endroit du bien va être photographié en fonction de la meilleure exposition.

  7. Quelle est votre photo préférée parmi toutes les photos que vous avez prises ?

    Celle que je prendrai demain.

  8. Votre meilleure anecdote ?

    Une garde à vue à l’Elysée pour avoir photographié un appartement donnant précisément sur la chambre du Président de la République. L’agent en place m’a fait effacer ma carte car certaines photos étaient jugées trop intrusives. Heureusement que ce policier n’était pas un as de l’informatique, il aurait su que les images sont toujours récupérables avec un peu d’effort.

  9. Votre meilleur souvenir ?

    La dernière propriété de Coluche à Opio : une ancienne abbaye réaménagée. J’ai beaucoup d’admiration pour cet homme. Ce fut très émouvant car c’est justement en partant en moto de cet endroit qu’il a eu cet accident qui lui a couté la vie.

  10. Quels sont vos projets ? Vers quoi comptez-vous évoluer ?

    Je désire travailler là où l’architecture est plus ambitieuse et singulière. J’aimerais photographier des villas d’artistes telles que celles de l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. Je suis particulièrement intéressé par l’architecture moderne des années 50 à 70.
    J’envisage également de faire des suivis de chantiers car c’est un univers très visuel : il y a de la transpiration, des couleurs, des matériaux différents.

Site officiel : pascalpronnier.com